réponses à vos questions sur les vidéos

Merci à tous pour vos remarques et vos encouragements, je vais tenter ici de répondre à des questions, contre-arguments qui m’ont été posée.

« Quel est le rôle des agences de notation dans tout ça? »

Les agences de notations sont sensées évaluer la solvabilité des pays emprunteurs, autrement dit évaluer leur capacité à rembourser. Cela n’a aucun sens puisque pour pouvoir rembourser, les pays doivent emprunter plus. Les banques et les personnes ayant des actions suivent de près ces notes. Les actionnaires ont tendance à mettre leur argent dans les banques qui ont prêtés aux états les mieux notés. Si un état voit sa note baisser, toutes les banques qui ont prêté à cet état risquent de perdre leurs créanciers, les gens vont changer de banque. Ces banques vont donc perdre de l’argent. Le problème actuel est que ces agences de notation sont côtées en bourses et possédées par des banques, notamment par Goldman Sachs. Cette banque a donc le pouvoir de décider de la note des états en faisant pression sur les agences et donc décider de qui va perdre ou gagner sur le marché des emprunts aux états.

« L’inflation de 1973 n’est pas due au nouveau système d’emprunt mais au choc pétrolier. »

C’est vrai, d’ailleurs dans ma vidéo je dis juste que le nouveau système n’a pas protégé notre économie de l’inflation, pas qu’il l’a créée. Le système en place ne régule pas le problème de l’inflation pour deux raisons. La première c’est qu’il n’impose pas d’emprunt limite, l’état peut continuer de s’endetter en enrichissant les banques autant qu’il veut. La seconde c’est qu’une impression de billets un peu trop forte va certes faire de l’inflation, mais beaucoup moins qu’une élévation brutale du prix des matières premières ou des sources énergétiques. Bref les pics de l’inflation pour des pays « raisonnables » ne sont pas dus à des abus mais à des phénomènes étrangers, les deux chocs pétroliers en sont la preuve.

« La dette a explosé dans les années 1980 avec le gouvernement socialiste qui a fait de gros emprunts pour payer des vacances et des retraites. »

Oui, le gouvernement en place dans les années 1980 a élevé le niveau de vie des français en faisant des emprunts. Le nouveau système n’empêche donc absolument pas les états de faire les emprunts qu’ils veulent. Il n’est donc en aucun cas régulateur.

« Quand vous dites qu’il faut injecter de l’or quand il n’y en a pas assez, c’est faux car s’il n’y a pas assez d’or, les prix vont baisser. »

Imaginons que les prix baissent parce qu’il n’y a pas assez d’or. Les salaires vont également baisser pour se conformer à la nouvelle économie. Tous ceux qui ont des emprunts en banque ne pourront donc plus les rembourser. Il va donc y avoir une crise. La baisse des prix (déflation) n’a jamais lieu car elle n’est pas gérable.

« Vous oubliez de dire que les banques créent de la monnaie en faisant des crédits. »

C’est vrai mais c’est l’état qui décide. En effet quand vous déposez 100€ dans votre banque, la banque va pouvoir prêter 100€ à une autre personne. Cette personne va pouvoir dépenser ces 100€, et vous aussi vous possédez quand même 100€. On vient de passer grâce au prêt de la banque d’une économie qui comptait 100€ à une économie qui en compte 200. La banque a « créé » 100€ avec son prêt. Ces nouveaux 100€ vont pouvoir atterrir dans une autre banque qui va accorder un prêt etc… Néanmoins pour que les banques ne puissent pas créer une infinité de nouveaux euros avec les emprunts, elles n’ont pas le droit de prêter la totalité de l’argent déposé chez elles. Actuellement elles sont obligées d’en garder 5% (taux de réserve), un savant calcul montre que, au maximum, le nombre d’euros créés par les banques est 20 x le nombre d’euros édités par la BCE. C’est donc le nombre de billets édités par la BCE au départ qui fixe le nombre de billets en circulation et pas le bon vouloir des banques.

« Si les états ont le contrôle complet de leur monnaie, ils peuvent faire marcher la planche à billet, en éditer plein et faire de l’hyper-inflation, donc créer une crise. »

C’est vrai mais historiquement jusqu’en 1972 quand la France avait le contrôle de sa monnaie, elle ne l’a pas fait. Depuis la loi de 1973, elle ne s’est pas gênée pour faire marcher la planche comme cela l’arrangeait qui à créer de l’inflation. Le système actuel crée des problèmes sans en régler.

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A propos azyx1986

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4 commentaires pour réponses à vos questions sur les vidéos

  1. Flash dit :

    « Depuis la loi de 1973, elle ne s’est pas gênée pour faire marcher la planche comme cela l’arrangeait qui à créer de l’inflation. »

    Absurde !
    Puisque, précisément, l’article 25 de la loi de 1973 avait pour effet d’empêcher l’Etat français de « faire marcher la planche à billets », c’est à dire de créer l’argent dont il avait besoin, mais l’obligeait à emprunter cet argent auprès des banques privées.

    • azyx1986 dit :

      Ce que vous dites est vrai, mais ce le ne rend pas absurde le propos précédent. Quand un état veut faire une politique monétaire et renflouer son économie, il fait juste beaucoup d’emprunt aux banques privées, son compteur de dette explose et il renfloue son économie à coup de billets. On peut dire qu’il fait marcher la planche à billets car ces derniers ne tombent pas du ciel! Ils ont été prêtés aux banques privées par la BCE qui les a imprimé!
      Si on reprend :
      1- Un pays européen veut faire une politique de relance en inondant son économie de billet
      2- La BCE créé de la monnaie (elle fait tourner la planche à billet) qu’elle prête aux banques privées au taux de 1%
      3- Les banques privées prêtent à l’état concerné au taux qu’elles veulent

      On peut voir avec ce qu’il s’est passé en Grèce qu’à aucun moment il n’y a de régulation de la part de qui que ce soit pour empêcher les emprunts massifs, le système s’effondre uniquement quand les banques refusent de prêter plus, et le pays ne peut alors plus rembourser ses dettes. Un pays peut très bien « faire tourner la planche à billets » de façon indirecte en comptant sur le fait que la zone euro est trop grande pour que son action créé de l’inflation.
      En France dans les années 80, on peut dire qu’on a « fait tourner la planche à billets » en fait on a fait des emprunts massifs pour investir et relancer l’économie. Même effet que pour de la création monétaire directe, sauf qu’en plus on s’est endetté auprès du secteur privé…

  2. bernard dit :

    Il serait plus efficace de garder un vocabulaire précis dans vos présentations par ailleurs très utiles.
    Par exemple :
    * Une banque privée n’est pas une banque commerciale.
    – Une banque privée, plus exactement un banquier privé, c’est un être humain, responsable de manière illimitée sur ses biens propres, qui accepte les dépôts confies par ses clients. Les dépôts des clients sont comme dans des coffres, en dehors du bilan du banquier, dans les Actifs sous gestion (AUM Assets Under Management) : cela signifie que si le banquier privé fait faillite, les dépôts des clients ne font pas partie de la masse de faillite. Un banquier privé ne crée pas de monnaie lors des dépôts. Une banquier privée ne fait pas de crédit non plus, il fait des prêts.
    – une banque commerciale, c’est une fiction juridique, une « personne morale » (noter ici l’inversion du sens, la perversion de l’expression) dont la responsabilité est limité à son capital (donc son irresponsabilité est illimitée,,,) qui fait croire qu’elle propose des dépôts, alors qu’en fait elle intègre les versements de ses clients comme ses actifs propres visibles dans ses actifs de bilan (ceci est un abus de confiance selon le code pénal). Si la banque commerciale fait faillite, les versements des clients font partie de la masse en faillite et le client perd a tous les coups. Du coup le versement d’un client mis à l’actif est en fait un achat de titre non payé, alors compensé par une réserve pour paiement futur de dette mis au passif, qui est en pratique une création de monnaie bancaire (un doublement exactement). La banque commerciale ne fait pas de prêt, elle fait des crédits.

    * Un crédit n’est pas un prêt.

    – Un emprunt c’est quand je t’emprunte ton vélo : tu ne l’as plus, tu ne peux plus l’utiliser, et le vélo existait auparavant.
    Note 1: le bilan du préteur n’augmente pas, il reste identique.

    – Un crédit, c’est quand la banque inscrit un nombre sur ton compte, alors que tu n’as pas versé la somme correspondante. Un crédit, c’est d’abord un faux certificat de versement. Pour équilibrer le bilan, la banque inscrit le contrat de crédit (ie une créance) l’actif de son bilan.

    Note 2: quand la banque fait un crédit, son bilan augmente. Étrange, non, d’avoir plus quand on devrait avoir moins !

    Note 3: 100% du crédit est créé par la banque. Par contre la banque doit remplir 2 conditions à la fin du mois suivant la création : elle doit avoir 1% du montant des crédits créés (1% dans la zone Euro, 0% dans beaucoup de pays anglo-saxons), sous la forme d’un montant dans son compte à la banque centrale, et elle doit avoir entre 8% et 12% de ses actifs en tant que capital.

    —> Une autre explication du crédit :
    Imaginez le vestiaire à l’entrée du théâtre.

    Un monsieur rentre et dit à la dame du vestiaire :
    « j’ai froid, pourriez-vous me prêter un manteau ? »

    La dame répond :
    « je n’ai pas de manteau, mais je peux vous faire crédit d’un jeton du vestiaire, vous pouvez ainsi retirer un manteau, vous le garder 6 mois pendant l’hiver, et dans 6 mois vous me rendez le manteau.
    Êtes-vous d’accord ? »

    Cela c’est le mécanisme du crédit bancaire : un vol par la gardienne du vestiaire qui utilise son client comme complice..

    * En 1973 toutes les banques commerciales en France (ou presque, a 2 exceptions près) avaient été nationalisées en 1945 par le CNR et De Gaulle qui savaient très bien ce qu’ils faisaient. Don en 1973 l’état demandait crédit à l’état. Par contre, c’est comme si la loi de 197 prévoyait la privatisation des banques commerciales à partir de 1985, et avec elles la privatisation totale de la création des Francs (encore une inversion perversion du nom…). Certainement une coïncidence !

    • azyx1986 dit :

      Merci pour ce commentaire qui m’apprend des choses, vous avez raison, il faudrait que je sois précis dans mon vocabulaire, j’ai le même défaut pour mes autres centres d’intérêt. Il paraît que je m’en sors en pédagogie grâce à la simplification de ce que je comprend mais cela ne devrait pas se faire par la déformation des mots.
      Note 1
      Il me semble qu’il n’y a plus de distinction nette entre banque privée et banque commerciale (le Glass-Steagall Act est définitivement tombé). Il me semble d’ailleurs que pourles beaux instituts qui font les 2, une loi récente rend solidaire les dépôts de la réserve des banques et donc que l’épargne n’est même plus garantie en cas de grosse connerie du système bancaire… On appellera les états au secours pour l’épargne…

      Note 3 quand vous dites 1% du montant des crédits, vous parlez des réserves obligataires c’est bien ça?

      Ce que vous rajoutez sur 1973 est stupéfiant, cela aurait dû avoir sa place dans mon raisonnement!

      Merci beaucoup!
      J’ai écris d’autres articles sur agoravox signés Pierre CHAILLOT, je serai ravi d’avoir vos remarques.

      Bien cordialement,

      Pierre

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